Textes et Fleurs

L'inconnu dans l'escalier

Consigne : continuer l'histoire dont voici le début  :

 

Rentrant chez elle, tard dans la nuit, Véronica trouve sur le palier quelqu’un qui dort ; elle réveille le dormeur et lui enjoint d’aller dormir ailleurs, parce que c’est un endroit privé ici. Mais le dormeur lui demande de réfléchir, il habite loin dans la banlieue et a raté son dernier train : ne peut-il rester à dormir là, sans déranger personne (tout le monde dort dans l’immeuble), jusqu’au premier train du matin ? Il n’a pas un sou en poche, argumente-t-il encore, il ne peut pas aller à l’hôtel, alors, que lui reste-t-il ? La rue, par ce froid ? Véronica tente pourtant de lui démontrer qu’il y a une possibilité, même faible, pour qu’il soit un rôdeur en quête de quelque mauvais coup, l’attendant peut-être pour lui régler son compte. Mais l’inconnu lui rétorque que dans ce cas il ne se serait pas endormi, ou l’aurait attaquée dans la rue. Tous deux pèsent le pour et le contre.  Finalement, Véronica, ne trouvant pas d’argument décisif, accepte qu’il continue de dormir sur le palier, et se retourne pour mettre la clef dans la serrure. Et l’inconnu choisit ce moment pour ....

crier « Musique, maestro ! » et de la porte de l’appartement voisin, sort un chef d’orchestre, queue de pie, baguette à la main, et de toutes les autres portes de l’étage qui forme un oval autour du puit de lumière qui traverse les 3 niveaux de l’immeuble, sortent des musiciens en smoking : un saxophoniste, une contrebassiste, une flûtiste, deux  violonistes et un clarinettiste. Le chef  joue une mesure  à vide pour donner la pulse, puis la musique s’élève, subtile, toute en nuances. Personne ne se préoccupe de Véronica, abasourdie sur son palier ; au moment où elle fait quelques pas en avant pour profiter pleinement du spectacle, retentissent de l’étage supérieur les voix d’une douzaine de choristes. Quand Véronica se penche sur la rambarde pour les apercevoir, elle sent bouger derrière elle : c’est l’inconnu qui se déshabille en toute hâte ; manteau, chaussures, pull, tout semble vouloir y passer, il continue en enlevant son pantalon pour apparaître … en justaucorps. D’un bond, il rejoint le reste de la troupe de danseurs qui a investi le rez-de-chaussée et le 1er étage pour un superbe ballet où se mêlent toutes les passions de Véronica : la musique, le chant, le rythme et la danse à la Béjart. Unique spectateur d’une œuvre interprétée pour elle seule, Véronica s’emplit de toute cette énergie, de toute cette vitalité sans réfléchir, sans chercher à comprendre. Elle se laisse pénétrer par ce spectacle, elle est l’archet qui pleure sur le violon, la vibration de la contrebasse, la main qui termine le mouvement du danseur ; peu à peu son corps s’anime en cadence, ses pieds la démangent, elle ne résiste pas, elle pose en vrac son sac, ses clés, son manteau, ses chaussures et s’élance pour rejoindre la troupe de danseurs ; elle prend l’espace, virevolte et au moment où elle est tout près de l’inconnu, elle le reconnaît enfin, c’est Dimitri, l’homme de sa vie ; toujours dans le rythme et le mouvement, il ouvre ses bras en 2 ailes qui l’enlacent  et … elle se réveille sous les baisers de son mari : «  il est 7h, chérie, lève-toi, tu vas être en retard au travail … »

 



08/03/2014
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