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L'enfant battu

Foetus perdu dans l'océan

D'un ventre hostile, pas accueillant,

Tu te développes au fond d'ton nid,

Qui n'offre qu'un semblant d'abri.

 

Tu sens son amniotiqu' rejet

Elle veut extirper ce déchet

Qu'elle n'a pas voulu, pas choisi, 

Elle tente, retente d'enlever ta vie.

 

T'es pas né qu't'es déjà cassé

A force de tout esquiver  

Tu te dév'loppes en vigilance,

En stress, en doute, en résistance.

 

Tu nais par un' nuit de tempête

Tu sais qu'ça sera pas la fête

Tu grandis en enfant timide

Autour de toi tu fais le vide.

 

Tu t'appliques avec énergie

A plaire à celle que tu chéris

Faut qu'tu réussisses à sa place,

Pour elle aussi, la vie fut garce

 

Tu crois que pour avoir la paix,

Faut obéir, alors tu t'tais

Tu essayes d'être enfant modèle

Afin qu' les coups n'tombent pas en grêle

 

T'as pas compris qu't'as aucune chance,

Qu'elle est névrose, qu'elle est violence

Quoique tu fasses, quoique tu dises

Tu n'seras jamais à sa guise

 

Tu t'oublies sous les coups portés

Mais ta fierté c'est d'lui cacher

Pour essayer de te construire,

Faut qu'elle arrête de te détruire

 

Tu vis sous sa violence verbale

"Va voir une assistante sociale

Moi en tout cas je n'veux plus d'toi"

"L'est pas né, c'lui qui voudra d'toi"

 

Tu justifies tout'cette folie,

Ces phrases assassines qu'elle te dit

Tu es persuadé d'être moche

Comme te le serine cette Folcoche

 

Tu te renfermes à coup d'cyphose

Des coups qui pleuvent tu t'crois la cause

Tu t'sens minable, toujours coupable

Tu t'crois un monstre, du pire capable

 

Tu penses le soir au fond d'ton coeur

Pour vivre ça, autant qu'je meure

Je n'serai jamais une bonn'mère

Je serai sûr'ment tortionnaire

 

Tu t'coupes des gens, tu d'viens méfiant

Tu t'attends à des coups tout l'temps

Tu n'as pas confiance dans la vie

Car c'est dans la peur qu' tu grandis

 

Si les ch'veux r'poussent, si les bleus passent,

Toutes ces violences, ça laisse des traces

Corps écorché, esprit meurtri

T'es drôl'ment paré pour la vie ...

 

T'es persuadé qu'tout au fond d'toi

C'est pas vivant, c'est le grand froid.

Crois-moi, au-delà d'tes fêlures

C'est palpitant, sous ton armure !!!!

 



Article ajouté le 2008-01-27 , consulté 26 fois

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